La formation en psychothérapie conduit à un titre protégé : pour s’appeler psychothérapeute, il faut un master en psychologie ou en psychanalyse, ou un doctorat en médecine, suivre une formation en psychopathologie clinique, effectuer un stage, puis s’inscrire auprès de l’agence régionale de santé (ARS). Le volume d’heures et la durée du stage varient selon le diplôme de départ.
Un titre protégé : qui peut se dire psychothérapeute
Le titre de psychothérapeute est réglementé par la loi, et son usage dépend d’une inscription sur un registre national. Une personne qui s’en prévaut sans y figurer s’expose à l’article 433-17 du code pénal, qui prévoit un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende.
La règle vise le titre, pas l’activité. Accompagner des personnes en souffrance sous une autre appellation, comme psychopraticien ou thérapeute en relation d’aide, ne demande aucune inscription. C’est ce qui explique la confusion fréquente entre ces métiers et celui de psychothérapeute.
Pour un futur étudiant, la question se pose donc dès le départ : viser le titre protégé, avec un parcours long et encadré, ou une pratique non réglementée, accessible par d’autres cursus. Les deux choix ne mènent pas aux mêmes droits, ni aux mêmes obligations.
Quel diplôme pour entrer en formation de psychothérapie
L’accès repose sur deux voies : un master en psychologie ou en psychanalyse, ou un doctorat en médecine. Aucun autre cursus ne donne directement droit à la formation, quelle que soit la durée des études ou l’expérience acquise. Une licence seule, un diplôme d’infirmier ou une longue pratique de l’écoute ne suffisent donc pas : il faut d’abord compléter le cursus universitaire.
Les médecins qui ne sont pas psychiatres, les psychologues et les psychanalystes peuvent aussi se former en reconversion, avec un parcours allégé selon leur profession d’origine. Pour un salarié qui change de métier, l’étape est comparable à celle décrite dans notre analyse d’une reconversion vers une profession réglementée : le diplôme de départ détermine ce qu’il reste à valider.
Heures de psychopathologie clinique : le volume exigé
La formation en psychopathologie clinique compte 400 heures minimum, qui combinent théorie et pratique. Elle porte sur le développement de la personne, la psychopathologie et les grandes approches thérapeutiques.
En reconversion, le volume dépend de la profession exercée. Un psychologue ou un médecin n’a pas à refaire ce que son diplôme couvre déjà, alors qu’un psychanalyste doit compléter les contenus manquants. Le nombre d’heures exact se vérifie auprès de l’établissement de formation avant de s’inscrire.

Stage pratique obligatoire : durée selon le parcours
Le stage complète la formation théorique. Il se déroule dans un cadre de soin, sous la conduite d’un professionnel, et sa durée dépend du point de départ.
| Parcours | Formation en psychopathologie clinique | Stage |
|---|---|---|
| Formation initiale | 400 heures minimum | 5 mois minimum |
| Reconversion (médecin, psychologue, psychanalyste) | Selon la profession exercée | Environ 2 mois en moyenne |
Ces durées sont des repères : le dossier d’inscription fixe ce qui est exigé pour chaque profil. Il vaut mieux demander à l’établissement de formation de confirmer, par écrit, le nombre d’heures et la durée de stage qui s’appliquent à son propre diplôme avant de s’engager.
Valider son parcours et s’inscrire au registre de l’ARS
Une fois la formation et le stage terminés, la personne dépose une demande auprès de l’ARS de sa région. Après examen du dossier, elle obtient son enregistrement à l’ARS et son inscription au RPPS, deux démarches obligatoires avant tout usage du titre.
Le coût de la formation reste à la charge de la personne ou de son financeur. Un demandeur d’emploi peut solliciter une aide, par exemple le financement régional d’une formation pour adulte en reconversion, selon les règles de sa région. Cette aide ne remplace pas la vérification du diplôme d’accès : une formation financée mais non validée par l’ARS ne donne pas le titre.
Psychopraticien et relation d’aide : des formations hors du titre
Le psychopraticien exerce une profession non réglementée, sans diplôme obligatoire. Beaucoup suivent une formation privée ou universitaire, mais celle-ci ne mène pas au titre de psychothérapeute. Un psychopraticien ne peut ni poser de diagnostic, ni prescrire de médicament.

Avant de payer un cursus, trois points se vérifient :
- L’établissement est-il habilité à délivrer la formation en psychopathologie clinique, ou le cursus se présente-t-il seulement comme une formation à la relation d’aide ?
- Le prix correspond-il à un parcours qui débouche sur un exercice réel, sans promesse du titre de psychothérapeute ?
- Le financement par le CPF est-il possible : il suppose une formation certifiante, comme l’explique la page sur la certification d’une formation éligible au CPF.
Une formation qui vend le titre de psychothérapeute sans exiger le master ni le stage ne correspond pas à la réglementation. Le registre de l’ARS reste la seule référence pour savoir qui a le droit d’user du titre.

