Personne ne rêve de s’endetter pour démarrer sa vie d’adulte, mais le prêt étudiant s’impose parfois comme un passage obligé. Quand la famille ne peut pas suivre, que la bourse se fait désirer et qu’un job étudiant n’équilibre pas les comptes, ce coup de pouce bancaire devient la planche de salut. Avec lui, on paie les frais de scolarité, mais aussi l’ordinateur indispensable, la chambre en ville, ou tout simplement le supermarché du mois. Les dépenses s’accumulent vite, et sans filet, le projet d’études peut vite tourner court.
Prêt étudiant : à quel moment le considérer ?
Dès lors que ni l’aide familiale, ni la bourse, ni l’emploi étudiant ne suffisent, il reste la solution du crédit. Contracter un prêt étudiant, c’est parfois le seul moyen de sécuriser son parcours. Ce financement couvre à la fois le quotidien, les achats utiles et l’imprévu. Mais attention, la banque ne contrôle pas la façon dont vous dépensez l’argent : à chacun de gérer son budget, sans filet. Un conseil utile : avant de signer, renseignez-vous auprès de votre école. Beaucoup ont noué des accords avec des banques qui proposent des taux plus attractifs à leurs étudiants.
Conditions d’éligibilité au prêt étudiant
Les banques n’accordent pas ce type de crédit à tout le monde. Plusieurs critères sont systématiquement exigés :
- Être âgé de moins de 28 à 30 ans selon les établissements bancaires
- Présenter un garant, parent ou tiers, qui se porte caution dans la plupart des cas
- Être ressortissant français ou citoyen d’un pays de l’Union européenne
- Préparer un diplôme de l’enseignement supérieur en France
Ces critères restent assez stables d’une banque à l’autre, mais certaines peuvent ajouter leurs propres exigences. Avant de vous lancer, vérifiez point par point ce qui s’applique à votre situation.
Le garant, passage obligé
Impossible d’y couper : la plupart des banques réclament un garant. Comme pour une location, ce garant rassure la banque en cas de défaut de paiement. Son rôle ? Éponger la dette si le remboursement du crédit vient à poser problème. Les revenus et charges du garant sont pris en compte dans le calcul de votre capacité d’emprunt. Mieux vaut donc choisir une personne solvable et en mesure d’assumer cet engagement sur la durée.
Et si je n’ai pas de garant ?
Pas de panique si personne ne peut se porter garant : il existe une alternative. La Banque Publique d’Investissement (BPIFrance) propose un prêt étudiant garanti par l’État. Ici, pas besoin de garant ni de justifier de revenus. Les conditions d’éligibilité sont similaires à celles d’un prêt étudiant classique. Le montant peut aller jusqu’à 15 000 € pour une durée d’études minimale de deux ans, mais seules certaines banques partenaires participent à ce dispositif (Société Générale, Banque Populaire, Caisse d’Épargne, Crédit Mutuel, CIC). Attention : le nombre de prêts garantis est limité chaque année. Une fois l’enveloppe annuelle épuisée, il faut attendre l’année suivante. Autant dire que mieux vaut ne pas attendre le dernier moment pour se renseigner.
Comment fonctionne un prêt étudiant ?
Montant, taux et gestion du crédit
Le montant
La somme accordée dépend de la banque, du coût de votre formation et de vos besoins réels. Avant de faire votre demande, faites le tour de vos dépenses : frais scolaires, logement, alimentation, équipement, transports, loisirs. Ce budget prévisionnel vous aidera à définir le montant pertinent, ni trop bas, ni disproportionné.
Le taux d’intérêt
Le taux d’un prêt étudiant est généralement plus bas que celui d’un crédit à la consommation classique. On tourne souvent autour de 2 % en moyenne, là où les crédits traditionnels dépassent régulièrement 4,5 %. Mais toutes les banques ne prennent pas en charge les frais de dossier : vérifiez bien ce point avant de signer.
Modalités de versement
Deux options s’offrent à vous : percevoir la totalité du prêt d’un seul coup ou bien le recevoir par tranches régulières, mois après mois. Prendre tout d’un coup donne l’impression de respirer, mais il faut savoir gérer pour ne pas se retrouver à sec avant la fin de l’année. Les versements échelonnés, comme un revenu mensuel, permettent de garder le cap sur son budget et, souvent, de limiter les intérêts payés. À chacun de choisir selon son tempérament et sa rigueur financière.
Quel montant peut-on emprunter ?
Dans les faits, la plupart des étudiants empruntent entre 10 000 et 20 000 €, avec une durée de remboursement qui varie de 2 à 10 ans. Les établissements les plus généreux, comme BNP Paribas, peuvent aller jusqu’à 75 000 € sur 12 ans, à 1,50 % de taux fixe. Cela représente des échéances mensuelles conséquentes (569,44 € dans cet exemple) et un coût du crédit qui grimpe vite. Savoir décrypter les taux et anticiper la charge de remboursement s’impose : le prêt étudiant démarre souvent dès l’entrée sur le marché du travail. Premier salaire, premières mensualités… Et il ne faut pas négliger les nouveaux frais de la vie active : impôts, loyer, charges. Mieux vaut se projeter sur la durée pour éviter la mauvaise surprise du découvert, voire pire, la fiche bancaire.
Combien coûte vraiment un prêt étudiant ? Franchise et remboursement
Un point à examiner : la nécessité éventuelle de souscrire une assurance (invalidité, décès). Elle n’est pas toujours obligatoire, mais la banque peut la réclamer pour se protéger. Le coût total de votre prêt dépendra du taux, de la durée d’emprunt et de la présence ou non d’une assurance.
Autre paramètre clé : la franchise. Il s’agit du délai pendant lequel vous ne commencez pas à rembourser le capital. Deux systèmes existent :
- Franchise totale : vous ne remboursez que les primes d’assurance (si vous en avez souscrit) pendant vos études, et commencez à payer capital et intérêts à la fin. C’est la solution la plus confortable à court terme, mais la plus coûteuse, car les intérêts s’accumulent et se capitalisent.
- Franchise partielle : vous commencez à rembourser les intérêts et l’assurance dès le début. Cela limite le coût global du prêt, mais rogne un peu le budget étudiant chaque mois.
Où demander un prêt étudiant ?
Plusieurs banques proposent ce service : Banque Populaire, BNP Paribas, Caisse d’Épargne, CIC, Crédit Agricole, Crédit du Nord, LCL, Crédit Mutuel, HSBC, Société Générale. La liste évolue : les banques en ligne s’y mettent aussi. Par exemple, Hello Bank propose désormais une offre spécifique. Pour ceux qui préfèrent le tout-digital, voilà une piste à explorer.
Votre expérience du prêt étudiant compte
Votre vécu intéresse d’autres étudiants : partagez vos conseils, vos galères ou vos bons plans sur le crédit étudiant. Un retour d’expérience peut aider à éviter bien des déconvenues. Vous pouvez également nous laisser une note ou un commentaire pour enrichir ce sujet.
- Quelle banque choisir lorsque vous êtes étudiant ?
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Petit zoom sur le crédit à la consommation
Le prêt étudiant appartient à la famille des crédits à la consommation. Accordé par une banque ou un organisme spécialisé, il s’adresse aux particuliers pour financer des dépenses privées, à l’exclusion de tout achat professionnel. Les montants varient de 200 à 75 000 €, mais attention : pas question de l’utiliser pour rénover un logement, partir à l’autre bout du monde, organiser un mariage ou acheter une voiture. Deux types de crédits cohabitent : le crédit affecté, comme le prêt étudiant, qui doit servir à une dépense bien précise, et le crédit non affecté, dont l’usage reste libre et ne requiert aucun justificatif. Cela peut par exemple prendre la forme d’un crédit renouvelable. Pour creuser le sujet, en cliquant sur ce lien, vous trouverez tous les détails sur les crédits à la consommation.
Choisir un prêt étudiant ne se résume pas à remplir un formulaire. C’est un engagement sur plusieurs années, qui conditionne le début de votre vie adulte. Un choix qui mérite d’être pesé, informé, réfléchi. Et si demain, ce crédit pouvait être le premier pas vers une vie indépendante ?

