Statistiquement, moins de 4 % des élèves français sont orientés vers la SEGPA. Derrière ce chiffre, une réalité complexe : pour un enfant présentant un trouble « dys » ou de grandes difficultés scolaires, l’orientation vers la SEGPA ne rime pas avec le même accompagnement que celui proposé en ULIS. Les dispositifs s’opposent jusque dans leur philosophie, leurs critères d’admission et leurs conséquences sur le quotidien des familles.
SEGPA et ULIS : quelles différences pour accompagner un élève dys ou en grande difficulté scolaire ?
Dans le vaste univers de l’enseignement adapté, SEGPA et ULIS se croisent souvent dans les conversations de parents inquiets ou de professionnels à la recherche de solutions. Mais la confusion règne, alors que ces deux dispositifs s’appuient sur des bases radicalement différentes, tant dans leur organisation que dans la façon dont ils accompagnent chaque jeune.
La SEGPA, c’est le choix d’une pédagogie sur-mesure pour des collégiens qui accumulent les retards dans les apprentissages fondamentaux, sans que l’origine soit un trouble précis. Ici, on accueille des jeunes qui, malgré les efforts déployés, restent loin des attendus du collège. Les enseignants y adaptent leurs méthodes, multiplient les supports, et préparent progressivement à une orientation en filière professionnelle, avec stages et mises en situation concrètes.
L’ULIS, en revanche, fonctionne sur un autre registre. Ce dispositif s’adresse aux élèves ayant une reconnaissance de handicap notifiée par la MDPH, qu’il s’agisse de troubles du langage, de la motricité, ou d’autres difficultés. Les élèves ULIS bénéficient d’un projet individualisé, construit avec l’équipe enseignante, parfois épaulés par un AESH. Leur scolarité alterne entre le groupe ULIS et la classe ordinaire, pour maintenir un lien avec leurs camarades et adapter le rythme selon les besoins.
| SEGPA | ULIS |
|---|---|
| Difficultés scolaires globales | Situation de handicap reconnue |
| Parcours adapté, enseignement professionnel | Inclusion en classe ordinaire, accompagnement personnalisé |
| Décision d’orientation par le conseil de classe et la CDOEA | Notification MDPH, projet personnalisé de scolarisation (PPS) |
Le choix entre ces deux structures ne se résume jamais à une formalité administrative. Il dépend d’une analyse fine des bilans (psychologiques, orthophoniques), du dossier scolaire, et surtout d’échanges constants entre l’équipe éducative, la famille et les instances de l’Éducation nationale. Ce sont ces distinctions concrètes qui vont dessiner le quotidien de l’élève, conditionner le type de soutien disponible, et orienter les perspectives, du collège jusqu’aux premières démarches vers l’emploi.
Comment choisir le dispositif le plus adapté à votre enfant : critères, parcours et réponses aux questions fréquentes
Face à la diversité des profils, le choix du dispositif adapté repose sur plusieurs éléments. Voici les principaux critères à observer pour déterminer le parcours le plus cohérent avec les besoins et les projets de l’élève :
- Pour l’ULIS : notification MDPH, PPS, accompagnement individualisé et inclusion partielle dans la classe ordinaire.
- Pour la SEGPA : décision du conseil de classe, évaluation par la CDOEA, parcours incluant des stages en entreprise et une passerelle vers la formation professionnelle.
Le dossier d’orientation se construit rarement en solitaire. Psychologue de l’Éducation nationale, enseignant référent, chef d’établissement : chacun apporte son éclairage, tandis que la famille reste au centre du dialogue. Pour un élève souffrant d’un trouble du langage, la cellule d’écoute du collège peut recommander une orientation vers l’ULIS, avec une adaptation du parcours via le PPS. En cas de difficultés scolaires globales qui persistent malgré les aménagements, la SEGPA est souvent proposée, sous réserve de validation par la commission départementale d’orientation.
La reconnaissance des parcours, elle, ne fait pas débat : le socle commun de connaissances et de compétences sert de boussole pour tous, et l’accès au diplôme national du brevet demeure ouvert. Après le collège, les élèves peuvent poursuivre dans les lycées d’enseignement adapté ou les EREA, qui prolongent cet accompagnement personnalisé.
Pour s’y retrouver face à la complexité des démarches, plusieurs associations jouent un rôle clef. Parmi elles :
- APEDA Dys France
- Fédération française des Dys
- Dyspraxique mais fantastique
Ces structures offrent un appui aux familles pour mieux comprendre les procédures, relire un dossier GEVA-Sco, ou échanger sur les choix d’orientation. L’accès à une information claire, la transparence des critères et la qualité du dialogue entre tous les acteurs restent des leviers majeurs pour construire un parcours scolaire juste et adapté à chaque élève.
Choisir entre SEGPA et ULIS, c’est parfois avancer sur une route sinueuse, faite d’incertitudes, de petites victoires et d’ajustements constants. Mais pour chaque jeune, c’est aussi la promesse d’un chemin sur-mesure, qui refuse de sacrifier l’avenir sur l’autel des cases toutes faites.


